EDF, Octopus Energy et Effy ont officialisé leur candidature à l'offre pompe à chaleur « clés en main » du gouvernement, qui prend la forme d'un seul abonnement mensuel qui couvre l'achat, l'installation, la maintenance et l'électricité, pour moins cher que votre facture de gaz actuelle.

C'est l'une des annonces phares du dernier sommet « Électrifions la France », organisé cette semaine à l'Élysée. EDF, Octopus Energy et Effy sont les trois premiers acteurs à se porter candidats pour distribuer l'offre pompe à chaleur « clés en main ». Elle consiste d'ailleurs en un seul contrat sur trois ans qui couvre l'achat, l'installation, la maintenance et l'électricité, pour une mensualité inférieure à ce que vous payez aujourd'hui en gaz. Cette promesse commerciale voile à peine l'ambition industrielle de produire un million de pompes à chaleur par an en France d'ici 2030.
L'État fait l'éloge de la pompe à chaleur, qui permet de faire des économies
Avant de parler abonnement, il faut rappeler ce qui distingue la pompe à chaleur des autres systèmes de chauffage. Un radiateur électrique classique crée de la chaleur à partir d'électricité, ce qui est déjà efficace, mais limité. La pompe à chaleur, elle, ne crée rien, car elle capte les calories naturellement présentes dans l'air extérieur ou dans le sol, et les transfère à l'intérieur de votre logement. En clair, elle déplace de la chaleur plutôt que d'en produire, ce qui lui permet de consommer bien moins d'énergie pour un résultat équivalent, et de faire une vraie différence sur la facture.
Pour un appartement ou une maison de 100 m², la facture annuelle de chauffage tourne autour de 1 200 euros avec une pompe à chaleur, contre 2 000 à 2 600 euros avec une chaudière gaz aux tarifs actuels, selon le gouvernement. Cela représente une économie potentielle de plusieurs centaines d'euros dès la première année, et jusqu'à 3 000 euros pour les logements les plus grands. Et contrairement au gaz, dont le prix dépend des tensions géopolitiques et des marchés mondiaux comme on l'a douloureusement appris ces dernières années, l'électricité française reste l'une des plus stables et des moins chères d'Europe.
La progression est en tout cas vertigineuse. En 2017, moins d'un logement sur trente était équipé d'une pompe à chaleur en France. Aujourd'hui, c'est plus d'un sur dix, pour environ 4 millions d'installations. Ce bond s'explique en grande partie par deux dispositifs publics : MaPrimeRénov', versée directement par l'État à l'installation, et les certificats d'économie d'énergie, financés par les fournisseurs d'énergie. Combinées, ces deux aides permettent aux ménages les plus modestes d'installer une pompe à chaleur pour un reste à charge équivalent, voire inférieur, à celui d'une chaudière gaz classique.

EDF offre une prime de 1 000 euros à 30 000 foyers modestes pour les aider à adopter la pompe à chaleur
L'offre pompe à chaleur « clés en main », c'est la mesure vedette du plan d'électrification gouvernemental présenté le 26 mai. Le principe est simple : vous signez un seul contrat, vous payez une seule mensualité, et quelqu'un d'autre s'occupe de tout. Par « tout », on entend l'achat de la pompe, son installation chez vous, son entretien pendant trois ans, et même l'électricité qu'elle consomme. Le tout pour une somme mensuelle inférieure à ce que vous dépensez aujourd'hui pour vous chauffer au gaz. Autrement dit, vous changez de système de chauffage sans avancer d'argent et en payant moins dès le premier mois.
Trois acteurs ont déjà levé la main pour proposer cette offre. Il s'agit d'EDF, d'Octopus Energy et d'Effy. EDF annonce d'ailleurs 30 millions d'euros supplémentaires pour aider directement 30 000 foyers modestes à franchir le pas, sous forme d'une prime de 1 000 euros qui vient s'ajouter aux aides publiques déjà existantes. L'énergéticien britannique Octopus Energy, qui monte en puissance en France, va encore plus loin en s'engageant à investir jusqu'à 150 millions d'euros pour construire une usine de pompes à chaleur sur le territoire français, à condition que la demande suive.
Reste l'obstacle du coût. Pour les entreprises et bâtiments tertiaires qui veulent électrifier leurs installations sans toucher à leur trésorerie, EDF et BNP Paribas lancent un partenariat inédit, avec une solution de financement qui permet de passer à la pompe à chaleur sans débourser quoi que ce soit à l'avance. Pour les particuliers, Effy propose une solution d'éco-prêt à taux zéro avec BPCE et Oney, ainsi qu'une assurance dépannage chauffage 24h/24 avec Allianz Assistance. L'obstacle du coût initial, longtemps cité comme le principal frein à l'adoption, a du plomb dans l'aile.
Une pompe à chaleur air eau sur deux vendue en France est aujourd'hui fabriquée sur le territoire national
Ce plan ne concerne pas seulement les propriétaires qui veulent changer de chauffage. Cette semaine, l'ensemble de la filière professionnelle (fabricants, installateurs, mainteneurs) s'est engagée collectivement à travers un pacte signé par l'AFPAC et Uniclima, les deux grandes fédérations du secteur. L'objectif est de produire et installer un million de pompes à chaleur par an d'ici 2030. Et la montée en puissance sera progressive, avec 400 000 installations dès 2027, et 600 000 en 2030, pour un parc total de 6,1 millions d'unités à cette date, soit plus d'une fois et demie le nombre actuel.
La France dispose d'atouts industriels solides pour y parvenir. Les usines françaises produisent déjà 300 000 pompes à chaleur air/eau par an, et la filière estime pouvoir atteindre les 500 000 à court terme. Mieux encore, une pompe à chaleur air/eau vendue en France sur deux est aujourd'hui fabriquée sur le territoire national, par des marques bien implantées comme Atlantic, Saunier Duval ou De Dietrich. Et au-delà des machines, c'est toute une chaîne d'emplois locaux qui se structure, puisque 41 000 postes sont attendus dans les territoires d'ici 2030, avec des profils dans l'installation et la maintenance.
Nous avons parlé des particuliers avec les maisons individuelles, mais le plan de l'État n'oublie pas le logement social et les établissements de soin. Le mouvement HLM s'engage à électrifier un million de logements sociaux, en planifiant le remplacement progressif de leurs systèmes de chauffage. Les maisons de retraite sont également dans la boucle. Dalkia, spécialiste de l'énergie pour les bâtiments collectifs, propose à tous les EHPAD qui le souhaitent une étude préliminaire gratuite pour évaluer le potentiel de la géothermie (technologie qui puise la chaleur directement dans le sol), afin de les sortir définitivement du fioul.